dimanche 30 novembre 2014



Août 2014

Les îles de la Polynésie en avion léger


Voyage au bout du monde pour les Métros que nous sommes. Après un nombre d’heures de vol qui n’en finit jamais, nous nous posons enfin à Papeete, destination dont nous rêvons depuis tellement longtemps.

Nous avons pris contact avec C3P avant le départ, et c’est entendu nous louons leur PA28  8 jours pour aller découvrir les Iles sous le Vent et l’Archipel des Tuamotu.

6 août

Aujourd’hui est un grand jour pour différentes raisons.
Nous démarrons notre périple par Bora-Bora la « perle du Pacifique » pour fêter dignement un anniversaire qui marque notre passage dans une nouvelle décennie !

Avant d'arriver chez C3P il faut passer les contrôles de sécurité, aéroport international oblige !





Nous voilà sur le tarmac.





Check météo avec Antoine, il fait beau au départ de Papeete, ce sera moins bon sur Bora-Bora.  Il ne faut pas tarder à partir car une dégradation est prévue au fil de la journée.





En Polynésie, il faut toujours partir avec le plein complet.






Cédric va nous aider à sortir l'avion du hangar.






Ready for Take Off !




On décolle à 10h10, cap au nord. Survol de Moorea et transit sur les baies de Cook et d’Opunohu.




Une baleine a mis bas quelques jours auparavant, nous la repérons avec son baleineau qui pèse déjà 800 kg à quelques jours de vie. Un petit 360° au-dessus du nouveau-né et de sa maman que nous mitraillons. Puis une bande de dauphins nous offre son show quelques nautiques plus loin.
On monte à 3500 pieds, 4000 pieds mais très vite on frôle la couverture nuageuse. On flirte avec les nuages et on joue avec les arcs-en-ciel dus aux grains qui nous entourent.




Sur tout le trajet on bénéficie d'un contrôle radio, on passe d'une fréquence à une autre. Ici le contrôle te tutoie, c'est vraiment amusant.
Passant Huahine les conditions locales sont correctes. 




A l’approche de NTTB (Bora-Bora), une charmante voix féminine du contrôle nous dit que nous n'avons pas choisi le bon jour pour venir ! Très drôle ! 
En effet, depuis la France, Bora-Bora est une destination de rêve, il ne nous était pas venu à l’esprit qu’il puisse ne pas faire beau !
Après 1H20 de vol et 100 NM, nous atterrissons sur la 11, sous la pluie…



Le chauffeur du taxi-bateau qui nous attend pour nous emmener à notre hôtel, est vêtu avec un ciré jaune, on dirait un marin breton !




7 août

Dame Météo est aujourd’hui au RDV, grand ciel bleu et soleil !
RDV à 7h45 ce matin avec Top Dive pour deux plongées.
En raison des motus, tous les déplacements ici se font par bateau. Ils viennent nous récupérer à notre hôtel mais à 100 m du ponton, c’est donc en mode maillot de bain que nous retrouvons le bateau-taxi.
Nous discutons avec Marc, un métro installé en Polynésie depuis plusieurs années, il prépare un projet délirant : organiser des mariages sous l’eau. Il y aura une chapelle constituée de bulles, un prêtre, un autel, de la musique et des écriteaux pour échanger : «oui» / «non» / «peut-être» !

1ère plongée de 45mn dans le lagon avec de superbes raies mantas qui ondulent gracieusement au-dessus de nos têtes. Et coup de chance rare, une belle tortue se promène sans être inquiétée de notre palanquée.






Puis 30 mn de bateau pour aller sur un autre site au bord de l’océan pour la 2ème plongée de 50 mn. L’eau est beaucoup plus claire et là se trouvent des requins citrons en grand nombre et une multitude de poissons multicolores, c’est magnifique !


Vendredi 8 août

Nous quittons Bora-Bora par grand beau temps. Ce matin, le mont Otemanu, point culminant de l’île avec ses 727 m) est totalement dégagé.




Durant le trajet du retour à l’aéroport en taxi-boat, le pilote natif de Bora nous donne un cours d’histoire agrémenté de plein d’anecdotes. Lui ayant expliqué que nous voyageons avec un petit avion, nous sortons du cadre des touristes classiques et cela lui plaît. 

Notre avion nous attend sagement entre deux Gulfstream !



Nous décollons et nous nous offrons le survol de Bora-Bora à basse altitude, c'est magnifique ! Palette de bleus fantastiques.




Aujourd’hui, cap sur Maupiti en passant par Tupai. Le temps de vol sera de 55 mn.
Pas une turbulence, la mer est calme et les conditions de vol sont un pur bonheur.

On peut enfin admirer Bora-Bora comme on espérait le voir lors de notre arrivée deux jours plus tôt !




Passage au dessus de Tupaï.



L'île de Maupiti est en vue.



Passage au dessus de Maupiti avant de se poser.



Finale en 08 à Maupiti, magique !!



A l’arrivée à Maupiti, Phirmin de la pension OROVARU nous attend avec les colliers de fleurs de tiaré de bienvenue.




Démarre alors une journée de rêve !
A peine sommes nous montés dans son bateau, qu'il nous offre à chacun une noix de coco à boire, de la papaye, de la pastèque et ce ne sont pas les gondoles à Venise mais au rythme de son ukulélé nous allons voir les raies mantas à la station de nettoyage.





C'est un endroit où elles viennent tourner en rond au-dessus d'un amas pierreux où de tous petits poissons mangent les impuretés qui nichent sur elles. Il y a 5 ou 6 m de profondeur, elles tournent indéfiniment au même endroit, c'est superbe.
Puis on retrouve Rose et les enfants à la plage pour un déjeuner les pieds dans l'eau. Au menu, thon cru mariné au lait de coco et crudités, brochettes de poulet tièdes et bien sûr de la bière Hinano.




Puis direction le jardin de corail, masque et tuba et c'est parti pour un bain de mer au-dessus des patates de corail où se trouve une multitude de poissons de toutes les couleurs.
Retour à la maison pour un dîner avec la famille.
Nous terminons par un bain de minuit avec la pleine lune et les poissons qui sautent hors de l'eau à la lumière des phares de la voiture.
Phirmin et Rose sont extrêmement accueillants et chaleureux, une adresse que l'on vous recommande vivement !


Samedi 9 août

 Nous proposons à Phirmin de faire un petit local. Pour lui, ce sera son Grand Cadeau à l’approche de son anniversaire qui va le faire basculer dans le club des « quinquas ». Il connaît par cœur sa petite île, c’est la 1ére fois qu’il a cette occasion de faire un tour en avion léger. Il est tellement content ! De retour à Paris, nous recevrons de sa part un chaleureux mail de remerciements avec «1000 corbeilles de soleils polynésiens» !







Après les au revoir chaleureux et promesses de revenir, nous mettons plein gaz. Pour le plaisir des yeux, nous faisons un crochet par Bora-Bora qui est totalement dégagé ce matin. C'est magique vu du ciel.





Puis cap sur Papeete que nous atteignons en 1h50.
Nous passons refueller chez C3P avant de repartir pour les Tuamotu. La 1ère étape sera Tikehau. 
A quelques nautiques de Papeete, nous survolons Tietiroa, cette petite île privée achetée pour 99 ans par Marlon Brando. La nuit coûte 14.000 €, nous décidons donc de poursuivre …




Puis Makatea, un plateau avec des falaises. Il n’y a pas de tourisme sur cette île qui dénote de tout ce que nous avons vu jusqu’à présent.
Nous atteignons Tikehau en 2H00 de vol. C’est un lagon en forme de couronne de 7 km de diamètre avec des plages de sable rose. La vue du ciel est imprenable !



 Finale 26 à Tikehau.



C3P ayant un contact ici, nous avons un fût de 220 litres de 100 LL qui nous attend. Nous aurons ainsi de quoi voler dans les alentours et rentrer sur Papeete. Ici la vie est rythmée par la pêche, le coprah et les offices religieux. Depuis l’aéroport, nous allons à pied la pension, sur une route bordée de cocotiers. Gare aux chutes de noix de coco ! Les accidents sont rares mais peuvent être graves.



Dimanche 10 août

Nous décollons de Tikehau à 9h00 pour Mataiva, l'île la plus au nord des Tuamotu.
Le temps de vol est de 30 mn.
C’est un atoll de 10 km de long sur 5 km de large où vivent 280 personnes.





Finale 09 à Mataiva.




Le sous-sol est riche en phosphate et l'avenir de l'île est incertain : exploitation de cette richesse naturelle ou maintien du tourisme ? Il se pourrait qu’il y ait conflit d’intérêts dans les très prochaines années, voir les mois à venir entre un riche négociant américain et la population locale.
Nous avons décidé d’établir notre « camp de base » à la pension Ariihéé Vai  pour quatre nuits. Dans les petites îles, nous goûtons à l'accueil chaleureux et authentique de la Polynésie.
C’est Priscillia et son bébé Aya âgée d’1 an, qui viennent nous chercher à l'aéroport en pick-up afin de rejoindre l’excursion du jour. 



Elle nous dépose à la piscine, c'est un trou de 16 m de profondeur dû à l’exploration du sous-sol il y a quelques années pour ce fameux phosphate.




Lundi 11 août

Petit déjeuner avec du pain au lait de coco tiède, c’est délicieux.
Nous allons à pied à l’aéroport, soit  4 minutes de marche. Nous décollons de Mataiva pour Rangiroa pour une plongée.
Le temps de vol pour Rangiroa sera de 50 mn.


Survol de Rangiroa.





Finale à Rangiroa.



Nous avons réservé une plongée avec Top Dive qui vient nous chercher à l'aéroport à la surprise des autres plongeurs. Habituellement les plongeurs sont récupérés aux différents hôtels. "Rangi une ligne d’horizon qui se perd à l’infini" est un spot de plongée très renommé.




Gustavo, un Chilien qui vit en Italie et exerce pour la saison est notre moniteur de plongée.  Nous devrions voir des dauphins, peut-être une tortue. Le courant est un peu fort et la mise à l'eau se fait en pleine mer.
Pas le moindre dauphin ni aucune tortue durant ces 59 mn de plongée, par contre des bancs de milliers de poissons, des caranges, une murène.
Puis nous repartons à pied vers l'aéroport en pleine chaleur, il est 14h30.
Un petit coup d'auto-stop et un pick-up s’arrête pour nous déposer.






Nous remettons le Cap sur Mataiva, avec un stop à Tikehau pour une bonne raison : nous refuellons avec le fût de 220 litres qui est gardé chez Mona, l'agent Afis et pompier.


Arrivée sur Tikehau.



Avec la pompe Jappy, on remplit les réservoirs. C’est dommage, on ne va pas pouvoir utiliser toute l'essence, à quasiment 3,00€ /le litre, tant pis.






Remplissage des réservoirs avec la pompe Japy.




Départ pour un tour de piste avec Mona, le pompiste de Tikehau.


On redécolle de Tikehau pour Mataiva, soit 25mn de vol, et à l'arrivée nous attendent Sara, Vaité, des frères, des soeurs et toute une ribambelle de gamins surexcités !!!

Joël emmène Sara, Vaité et une soeur faire le tour de l'île. C'est pour eux un événement incroyable.










De retour à la pension, les 280 habitants de l'île sont déjà tous au courant.
Nous passons un peu pour des extraterrestres. Certains ont eu du mal à comprendre qu'on partait ce matin pour une plongée et qu' on revenait à la pension en fin de journée. Ici la ligne passe deux fois par semaine !
Après un petit bain dans le lagon, nous dînons à la pension puis on " sort en ville" à la fête locale qui dure environ un mois.
Il y a quelques baraquements, des tirs à la carabine et surtout c’est l'occasion de papoter avec Priscilla à la fraîcheur de la nuit. Le ciel étoilé brille de mille feux.


Mardi 12 août

Sara toque à la porte du bungalow à 7h30 précises pour le petit déjeuner.
Ici, l'heure c'est l'heure !
Nous participons à l’excursion proposée par la pension. Départ à 9h00 en bateau avec John et une famille de métros installée à Papeete pour deux ans.

Programme de la journée :
François qui gère la pension avec Alfonsine, la mère de Priscilla, monte avec nous sur le bateau. C'est lui qui va pêcher dans le parc à poissons avec masque et tuba un barracuda, trois carangues et deux ou trois autres poissons pour notre déjeuner.




Juste pour notre curiosité, il attrape un fugu, ce fameux poisson dont il faut extraire les deux glandes qui sont un poison mortel.




Puis nous nous rendons à l'île aux oiseaux au bout du lagon. Des centaines d'oiseaux nichent sur ce petit îlot. C'est la saison des portées. A chaque pas il faut veiller à ne pas écraser un oeuf ou un petit.




Après arrive l'incontournable de Mataiva : le nombril !
La coutume veut que : "tant que tu n'as pas posé le pied sur le nombril de Mataiva, tu n’as pas été à Mataiva !" C'est un petit bout de roche qui émerge de l'eau voir qui peut être recouvert par la mer.




Puis nous nous baignons dans l'eau chaude et transparente pendant que John prépare le repas. Il allume un feu avec les coques des noix de coco afin de griller nos poissons. On mange dans des assiettes improvisées avec des grandes feuilles de jeunes cocotiers qu'il a juste rincé dans la mer. Pas de couverts mais nos mains pour décortiquer ces délicieux poissons.



Que du bonheur !
Nous rentrons à la pension avec du soleil et du bleu plein les yeux. Sara et Vaité nous emmènent chez leur grand-mère, un personnage de l'île. Mamie a eu 17 enfants et 80 à 90 petits-enfants !
Elle veut nous remercier car Sara et Vaité ses petites-filles sont devenues des vedettes suite au tour en avion. Depuis ce matin, il y a eu un défilé chez Mamie des résidants de l'île pour parler de ce vol en avion !
Mamie nous offre des colliers de coquillages réalisées par les siens. 




Elle détient un droit sur l'endroit où sont ramassés les coquillages qui servent à confectionner tous ces colliers. C'est très rentable.
A l'entrée de la maison, juste avant de gravir les quelques marches qui mènent à la terrasse, il y a la sépulture du grand-père décédé en février dernier. Il n'y a pas de cimetière dans les îles, c'est pourquoi il est autorisé d'avoir les sépultures chez soi.
Nouveau vol local cette fois-ci avec Rodolf, le pompier de Mataiva. Lui aussi est trop content. Sa femme viendra nous dire au revoir avec les colliers de coquillages et de l'huile au citron anti-moustiques.
Après le dîner à la pension, nous retournons voir Priscillia à la fête. Ce soir, elle nous parle de la vie à Mataiva, des projets d'exploitation du phosphate sur l'île qui serait un désastre pour les habitants, des poissons qui sur Mataiva ne sont pas malades grâce au phosphate.
Nous avons passé une journée formidable à nouveau.



Mercredi 13 août

Nous avons hésité à partir nous promener dans une autre île des Tuamotu ou à profiter encore de Mataiva. C'est décidé, on reste sur Mataiva car l’ambiance nous plaît énormément.
Sara et Vahité nous font une démonstration de la manière de couper les noix de coco. Elles nous expliquent tout ce qui se rapporte à l'exploitation des noix.
Sara a participé à un concours d'ouverture de noix de coco, elle a gagné le 2éme prix. Elle ouvre une noix avec une pique, une autre avec la hache. Nous goûtons à la chair râpée, à la chair en morceaux, à la noix qui a germé. Puis elle écrase de la chair déjà râpée pour en extraire ce fameux lait de coco qui est beaucoup utilisé en cuisine.




Après, nous partons pour une nouvelle excursion-voiture avec John. Pendant ce temps, les filles vont décorer la pension avec des feuilles de cocotier tressées autour des poteaux de la salle où l'on prend les repas. 40 nouveaux pensionnaires arrivent demain.
John nous emmène voir l'épave de bateau échoué au début du siècle dernier. C'est un bout de ferraille rouillé, percé de toutes parts mais qui se trouve dans les terres et non en mer. Un nouveau club de plongée vient s'installer à Mataiva en septembre prochain, il est prévu d'aller explorer les alentours pour en savoir davantage sur ce mystérieux bateau dont personne ne sait rien.
Baignade dans ces eaux bleues limpides, masque et tuba pour le plaisir de cette vie sous-marine accrochée sur les patates de corail.
Une petite raie s'approche très prés de nous et tente de se dissimuler dans le sable. On pourrait presque la toucher mais gare au dard de sa longue queue.



Crochet par la piscine avant de rentrer à la pension pour un dernier bain de mer. Ici, on peut nager car il y a 10 à 16 m de profondeur.
Tout à l'heure, nous repartons pour Tahiti.
Sara, Jennifer nous ont encore préparé des surprises : deux chapeaux en feuille de cocotier, un magnifique sac pour moi, une couronne de fleurs colorées avec deux colliers traditionnels de fleurs de tiaré.
A l'aéroport, Priscillia et son bébé nous rejoignent avec un superbe collier de coquillages ainsi que la femme de Rodolf avec encore des colliers de coquillage et de l'huile anti-moustiques faite maison.
Après une séance photos devant l'avion, grandes embrassades et nouvelles promesses de revenir, nous décollons de Mataiva sous les grands signes d'au revoir de toutes ces femmes tellement chaleureuses et d’une ribambelle d'enfants plein de vie.








Décollage en 04, on fait un petit passage bas en "battant" des ailes pour leur dire au revoir encore une fois et cap sur Papeete. Contact établi avec Tahiti contrôle sur 132,70. On grimpe au niveau 65 et c'est parti pour 1H50 de vol.
Les conditions météo sont bonnes sur tout le trajet.


C'est notre première expérience en Polynésie. Cette semaine passée dans les îles sous le Vent et dans les Tuamotu restera un souvenir :

- Extraordinaire du point de vue aéronautique, les paysages sont à couper le souffle. Finalement, il faut juste s'accoutumer au tutoiement à la radio, le reste ne présente aucun problème particulier.

- Epoustouflant sur le plan humain. La gentillesse des habitants qui vivent dans les petites îles est touchante. On a perçu une vraie chaleur humaine et le fait d'avoir communiqué et échangé a contribué à transformer ce voyage.

- Magique bien sûr la beauté de ces étendues bleues, la palette de bleus, les cocotiers. Quel régal pour les yeux ! Et du côté des papilles, comment ne pas succomber au goût du poisson cru, des tartares divers et variés ou poisson cuit délicieusement grillé.

Envolez-vous sans retenue vers toutes ces îles de rêve !!!



Isabelle et Joël


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